Des Berlinois à Eget Village : le Duo Kafka

Dans un décor d’exception: les peintures murales du XIIIe découvertes récemment dans l’église d’Eget, deux anges sont passés jeudi dernier…
En ce 26 juillet 2018, les deux musiciens charmants composant le duo KAFKA ont offert à un public enthousiaste, un concert de grande qualité.
Il est des moments en effet où le temps s’arrête… moments magiques où l’on retient son souffle…

Duo Kafka en l'église d'Eget (65) pour le Festival ds petites églises de montagne

Elsa Claveria (violon) et Paul Straka (basson) dans le choeur de l’église Saint-Pierre-aux-Liens  – Photo Philippe Villette

C’est cette harmonie parfaite du lieu, de la musique et des personnes que nous avons ressentie jeudi soir à Eget. Le silence du public ébloui d’un côté et la perfection sonore de l’autre ! Les acteurs de ce moment de grâce: Elsa Claveria au violon et Paul Gregor Straka au basson, (le Duo Kafka), qui nous ont offert de ces instants si rares et tellement précieux!

Tous 2 solistes de grands orchestres à Berlin (Elsa, paloise d’origine a été dirigée par Daniel Baremboim) , mari et femme dans la vie, un duo qui semblerait a priori musicalement improbable: duo entre un instrument aigu à cordes, suave, et un « bois » grave, coloré, et réputé parfois lourdaud (nous pensons à Pierre et le Loup…).
Nous avons découvert que des compositeurs avaient déjà associé ces 2 instruments, telle la belle Sonata supra la Monica de Philipp Friedrich Böddeker, qui en est un exemple plein de charme avec une jolie mélodie du violon jouant ici pourtant un rôle d’accompagnateur du basson, lequel jongle avec une partition réclamant de l’artiste une impressionnante virtuosité!

Duo Kafka en l'église d'Eget Village (65) pour le Festival des petites églises de montagne

Duo Kafka : Elsa Claveria et Paul Straka – Photo Hervé Blanchard

Nous avons pu apprécier aussi le Duo Concertant pour violon et basson de Paganini, morceau où les acrobaties habituelles au « violoniste du diable » ne l’emportent pas sur la richesse mélodique. D’autres œuvres étaient des adaptations pour ces instruments, ainsi des Duos sur des airs de la Flüte Enchantée de Mozart dont le côté à la fois enjoué et sentimental convenait tout particulièrement à ces sonorités. Il faut dire que le programme était présenté par Elsa de façon très claire et agréable, permettant au public de découvrir l’intrigue mystérieuse de cet opéra merveilleux.

La Petite Suite de Pierre Max Dubois (compositeur du XXe siècle), suite de dialogues en forme de boutades, nous a séduit à travers un jeu plein d’humour et d’entrain.
Grand moment d’émotion: le sublime solo de violon, mouvement extrait de la sonate en sol mineur de Bach, interprété avec une grande sensibilité par Elsa.
Il faut noter pour l’ensemble du concert une complicité charmante entre les 2 artistes qui ont choisi de nous présenter un programme riche et varié où l’émotion et la gaité se succèdent pour notre plus grand bonheur.
A noter aussi: l’excellente acoustique de l’église (plafond et sol en bois).

L’enthousiasme était tel à la fin du concert que les artistes ont dû encore prolonger et offrir 3 bis…

Nous sommes sortis dans la nuit sur un petit nuage…et artistes et public, tous se sont retrouvés dans une atmosphère chaleureuse et amicale devant un goûter délicieux et très copieux offert par les habitants du village d’Eget, visiblement très heureux que le Festival soit monté en ce lieu perché leur offrir une telle fête.

Bernadette Fantin-Epstein
Directrice artistique du Festival

Quelques extraits :

Les spectateurs qui souhaiteraient revoir l’intégralité des oeuvres interprétées (hors présentation des morceaux) ou ceux qui n’ont pu assister au concert, pourront les visionner ci-après :


Voir la présentation des musiciens

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